
Bonjour à tous amis suiveurs. De Reykjavik, nous avons pris la route n° 1 vers le nord. Nous roulons à faible allure, presque comme des vélos. Le vent est encore bien présent mais il ne caresse plus comme avant. Pour les photos, on fait des pauses admiratives, on marche au bord de la route, on roule, on râle un peu, on roule encore. On oublie les quatres roues du mécontentement, on apprécie le confort. Ce qui domine, ce sont les étonnement devant les éléments, les ampleurs des bouleversements et la diversité des paysages. Demain nous retournons chercher les vélos. Nous avons besoin de rouler. Nous irons sur la côte nord à la recherche des macareux. Pour l’instant, ces célèbres oiseaux restent invisibles.

Moi, je n’habiterais jamais là. Christine trouve joli le moindre rayon de soleil qui se faufile entre la neige et les prairies. Moi, j’avoue que j’ai du mal à trouver du charme à cette ambiance hivernale. Le mercure islandais est toujours coincé au dessous de 10 degrés, le ciel est gris clair, le vent porte à peine les oiseaux, c’est une belle journée. La grande nouveauté c’est qu’il fait beau ! Enfin, il ne pleut pas. IL est étrange ce décor de haute altitude au bord de la mer, je n’en raffole pas. Car, pour le reste pas grand chose à raconter. Des saluts dans la rue, quelques courses quotidiennes au super marché (qui n’a rien de super) une jolie promenade au bord de mer, avec ses bateaux de pêche et leurs filets déchirés, un café tiède au bistro du coin à regarder le brouillard, un chien qui passe, une corne de brume qui chante, pas de visite, pas de boutique, des collines, des volcans, des cascades en cascades, de vertes prairies, de fêtes d’herbes et de neige, pas de vigne ni de culture, pas de verger, la mer et ses glaciers, on attend le bateau qui va nous déposer ailleurs où s’écrira l’histoire d’un autre jour.





Éruption révolutionnaire ! Le 8 juin 1783 dans les immensités des hauts plateaux la croûte terrestre se déchire sur plus de 30 km. Ce fût la plus grande fracture éruptive que la planète ait connu. Plus de 130 cratères sortent de terre. Ils vomissent des fleuves de lave. (le volume émis aurait pu recouvrir la ville de Paris sous 140 mètres de lave) Les quantités de gaz émis sont titanesques. Les troupeaux sont décimés, les cultures impossibles, la terre est noire de cendres, les Islandais meurent de faim et ça dure quelques années. Le nuage poussé par les vents dominants vers le Sud-Est parvient en Europe. En Ecosse on parle d’une « année de cendres ». Partout en Europe, 1783 et les quelques années suivantes furent qualifiées « d’années sans été ». Cet énorme nuage de cendres et de pluies acides a pour conséquence des récoltes catastrophiques dans toute l’Europe de 1783 à 1787. Disettes et famines minent les campagnes qui se révoltent. Certains historiens avancent l’hypothèse très sérieuse que l’éruption du Laki serait à l’origine des révoltes qui aboutirent à la Révolution Française. Avec ses petites perturbations aériennes l’Eyjafjallajökull semble un bien modeste volcan. Un nom si compliqué ça servirait… juste à faire peur.

L’église de Blonduòs. Expression de la nature volcanique d’un architecte.




Les geysers de Geysirs.


Holmalvik, 300 âmes encore vivantes. Ce fût autrefois un vaillant port de pêche aux harengs. Au coeur de ce qui reste du village, un petit musée est consacré à la sorcellerie et à la magie. On ne vous dira pas les supplices subis par les humains suspectés de maléfices. (On a déjà assez de tracasseries comme ça en ce moment ) Juste que l’on y trouve Nábrók. C’est une culotte nécromancienne fabriquée à partir de la peau d’un homme mort et qui avait pour but d’enrichir celui qui le portait. Et puis au bord de mer une statue en bois honore Sigudòr Jónsson le dernier homme condamné à mort en 1630 à Holmalvik pour pratique de la sorcellerie. La civilisation enfin en marche.






La cascade de Gullfoss. Une poussière d’eau qui embellie cette journée ensoleillée.







Maculé de nuages, l’horizon dessine des peintures de cascades. Je n’aurais pas aimé habité là ! La ferme de Glaumbær fût bâtie au XVI ème siècle avec des pierres et du bois flotté. Elle est recouverte de tous côtés d’une épaisse couche de tourbe. Sans lumière elle abritait une famille d’une vingtaine de personnes. La cuisine était la seule source de chauffage. On y dormait tout habillé sous d’épaisses couches d’édredon fait de peau de mouton. L’oreiller secret : Dans ce logement aussi encombré et aussi limité, il y avait une règle de bonne conduite respecté par tous. Ce que l’on gardait sous son oreiller était à l’abri de tout furetage, un coffre de plumes inviolable. Les monstres de la nuit glaciale devaient y dévorer tous les rêves.





L’habitat des pêcheurs ( au dessus ) et l’habitat des notables (. en dessous )





Les jeunes au travail: Qui sont ces jeunes adolescents que l’on voit depuis notre arrivée sur l’île dans les rues islandaises, armés de râteaux, seaux, bêches et brouettes. Ce sont les jeunes collégiens et lycéens en vacances. Ils ont pour mission le nettoyage des bacs à fleurs, le désherbage des trottoirs et des espaces verts, la tonte du gazon et le nettoyage des espaces publics. On les voit aussi à l’accueil des musées – comme les deux jeunes filles de la photo ci dessus – ou aux caisses des super-marchés. Ces missions sont obligatoires. Ils travaillent 4 heures par jour du lundi au jeudi, pendant 7 semaines durant leurs vacances d’été. Pour ces 7 semaines les plus jeunes – 13-14 ans sont rémunérés environ 300€, les plus âgés -15 -17 ans peuvent avoir un salaire plus conséquent de 1000€. Ici ils appellent cela « l’école du travail ». L’objectif serait d’aider à créer un esprit de groupe et la promesse d’une lettre de recommandations pour les prochains emplois. Les encadrements sont organisés par la maison des jeunes de chaque commune.

Notre voisin de table est Turc, il parle tout seul. Un casque audio sur les oreilles, il regarde son écran. Il dévore son repas fait de côtes rôties et de marmelade de chou. Il parle à son écran qui diffuse le match de foot de la Turquie contre la Hongrie. Parler seul, être seul, concentré sur un écran, s’isoler du groupe, tel semble être la nature très répandue des nouveaux voyageurs. Oup’s ! que suis en train de faire ? Je retourne à la vie sans écran.


Sur la route entre Sauòarkrokur et Akureyri.







Le 17 juin, jour de fête nationale. On y fête l’indépendance signée grâce aux anglais en 1944. Avant la seconde guerre mondiale, l’Islande était une province du Danemark.





Une éclaircie matinale sur le fjord de Dalvik.

À l’ouest !
Ça s’aggrave ! Le soleil ne se couchera aujourd’hui qu’à 0h54 et il se lèvera à 1H 34. Une première : D’un seul coup d’oeil dans la ciel, le soleil et la lune réunis, les deux astres très proches l’un de l’autre. Et puis surprise le soleil se lève là où il se couche (à quelques degrés près). En Décembre, le soleil se lève à 11H26 et se couche à 14h 50….
Bonne fête de la musique à toutes et à tous. On vous souhaite un temps radieux .
On vous embrasse Christine et Dominique.
Merci pour ces mots et ces images. Ile sauvage qui se montre sous vos regards aiguisés où pointe peut-être un peu d’espérance de soleil méditerranéen. Bises
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