Bonjour à tous amis suiveurs. Nous voilà déjà aux rives du retour. En voiture, le tour de l’Islande a été fait rapidement. Nous ne regrettons pas les vélos. Le vent a souvent été violent, les cimes claires et enneigées. Nous avons aimé les cascades effrontées qui dévalent les rochers, les ciels renversants, les versants moutonneux et les sourires des Islandais. Nous avons aimé les glaciers comme un trésor, les étoiles muettes, les baleines et la langue sauvage des oiseaux d’ici. Nous avons aimé les grossières dentelles des volcans, l’inattendu des paysages et la fraicheur de l’été. Nous avons aimé les terres rouges comme les cerises qui nous ont manquées. Nous avons moins aimé la poussière des chemins, les froideurs de la nuit et la mer lointaine sans humeurs. Nous n’avons pas aimé le vent perdu et inutile, mais nous avons adoré chercher nos chemins et cette impression de bout du monde dans les yeux du voyage. Nous allons maintenant vers d’autres rivages que ceux de l’Islande. Nous vous souhaitons un bon été.
À bientôt… Christine et Dominique


Sur la route entre Akureyri et Husavick, Ici la nature semble nous dire que tout va bien.





-Godafoss: La chute des Dieux: En l’an 1000, le pays se convertit au christianisme. Le chef Viking Thorgeirr jette dans la cascade de Godafoss les statues des anciens dieux païens, D’où son nom « La chute des Dieux ».
L’eau coule, coule, tournoie, éclabousse dans des gerbes d’écume, sculpte les rochers et le ciel éclate d’arcs en ciel. L’eau ronde modèle les rochers, le flot est emporté, il ne retient dans ses bras de géant que la chanson des oiseaux et celle du vent.






La route surplombe la mer avec au loin les montagnes enneigées. Nous arrivons à Husavick. En Islande, les baleines n’ont jamais été chassées, Nous ne résistons pas aux nombreuses offres de balade en mer pour observer les cétacés. Le tour du joli petit village est vite fait, nous embarquons aussitôt.







Un petit baleineau pèse 3 tonnes à la naissance, chaque jour il boit environ 240 litres de lait et grossit de 90 kg par jour. Un sacré bébé! Nous avons vu des envolées de macareux et puis quelques baleines bleues qui jouaient avec le bateau. Un magnifique spectacle au cours de cette longue, belle et silencieuse balade dans les eaux de la baie de Husavick.
Stupéfiants Puffins.
Au musée de Saudarkrokur, on apprend qu’à la fin de chaque été au moment de leur départ vers d’autres cieux plus glaciaires, les Macareux (Puffins en islandais) perdent leurs somptueux becs oranges. Après 7 mois en mer ils reviennent à leur terrier de pierre. Toujours le même. Là ils creusent trois trous. Le plus profond pour récupérer l’eau de pluie, au dessus un trou pour dormir et en face un trou pour les excréments. (un HLM animal) Ils viennent retrouver la même partenaire pour la reproduction. La fidélité – comportement exclusif – dure les 40 années de leurs vies. En plus d’être stupéfiants ils sont invisibles. Partout on nous vante leur présence que nous ne décelons pas.




Là où la lave récente ne l’a pas broyé, la végétation est épaisse et abondante. Les arbres sont chétifs et parmi les herbes denses il y a de jolis bouquets nordiques.





Au delà d’Husavik, le vent est aussi du voyage. La route longe la mer. Aujourd’hui jour de grand vent, on apprécie la voiture.





Un paysage placé là par les caprices de la géologie, des pentes recouvertes d’un noir presque aussi sombre que la nuit. Certaines collines sont belles avec leurs pierres incrustées de rose, comme si l’aube s’y reflétait à tout instant. Même fatigué et excédé par le vent qui ne cesse, même de mauvaise humeur par le froid qui mord, il faut bien reconnaitre que le paysage est grandiose.




C’est Water-l’eau ! Nous sommes dimanche 22 juin 2024. La pluie s’est baladé toute la nuit sur la toile. L’horizon ressemble à un champ de bataille avec ses craquelures et ses lézardes de terre. Du sable ocre suinte de la croûte des rochers blessés, on dirait de la poudre de sang coagulé. Les montagnes sont sans expression et sur le bord des épaisses coulées, la lave en procession porte le noir intense du deuil. Il n’y a aucun bruit, aucun vacarme de forge, Vulcain se repose, il exhale tranquille et l’on se baigne insouciants dans ses panaches de souffre. Dehors il fait 3°, L’eau sort de la roche à 100°, elle est progressivement dirigée vers un bassin à 40°, pour les téméraires il y en a un autre à 50°. On en ressort cuit comme une huitre.

Le volcan Hverfjall.




Le Lac Myvatn: C’est une zone de géothermie aux dépôts volcaniques multicolores, véritable dédale de fumeroles et de jaillissements de boues. Ci-dessus le jeune volcan Hverjfall, âgée de 2 300 ans seulement. Haut de 400 mètres et domine toutes les vallées alentour. Nous sommes sur une autre planète, c’est certainement pour cela que les astronautes américains sont venus se mettre à l’épreuve en Islande.



Trop jeunes (2 300 années) pour être polis par le vent de mer, seuls les Trolls trouvent refuge dans les caves de pierre. Ils sont treize frères, leurs noms évoquent leur gourmandise (Lécheur de cuillière, grosse saucisse, bougie croquante…etc..) Ils sont fiers, leurs burins argentés frappent la pierre. Ils font fuir les fouines et les genettes et tous les chants des créatures. L’été on ne les voit pas, ils préparent Noël. À chacun des 13 jours qui précèdent Noël l’un d’entre eux sort de sa cave et offre tous les cadeaux qu’il a confectionné. Noël dure 13 jours, c’est la fête dans les volcans.



Nous sommes au lac Mytvan. Le vent fait des ronds, emporté le pique nique s’est perdu. Nous admirons le bleu du lac qui se repose au pied du volcan.


Un dernier pour la route: Les étoiles sont jalouses, le ciel est poudré d’or dés 2 heures du mat.

La grande main du temps vient du ciel bleu. Elle creuse de sable encore chaud du ventre de la terre. Elle affiche le jaune, essuie le rose, étire les verts, nuance les gris, décore les montagnes, pavoise et tempête dans les trous noirs et repart en chantant dans les vapeurs blanches du firmament.



Le site géothermique de Hvérir. La montagne est recouverte de souffre. Les portes de l’enfer ne sont pas loin. Nous contournons des mares de boue en ébullition. Ça fume, ça siffle, ça bouillonne et ça pue. Les lumières jaunes sont belles, c’est magique la fin du monde.

Il y a toujours une cascade pour chanter sans relâche du matin au soir. La roche s’étrangle, les parois écrasent l’eau dans un tonnerre d’échos. Partout l’eau dégouline, la chute de Hengifoss est haute de 160 mètres. Sur la photo de droite cherchez Christine dans le paysage.




Nous sommes de retour à Seyòisfjoròur. Le ferry part demain matin. La météo est clémente et le paysage est souriant.
Merci L’Islande
Chers amis,
Merci pour vos missives teintées de tous les sentiments qu’inspire cette Islande sauvage, grandiose et froide, mais aussi brûlante et soufreuse… Vous allez retrouver la douceurs des alpages, des fleurs d’été, qui vont avoir un tout autre goût après s’est pelé les miches furieusement ! Bonne traversée, bon retour et portez-vous bien !
Annik & Nabil
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Un pays de plus dans les carnets de vos souvenirs, peut être pas le plus apprécié (surtout par Dominique, il me semble) mais le plus inattendu ?
Bon retour , profitez des copains pour retrouver vos vélos et pédales. Nous nous avons retrouvez Oceane le temps d’un diner et Cathy et Allain , le temps d’un pique nique….
Plein de bisous
Chantal
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Bonjour les amis, merci d’avoir partagé votre périple islandais, et ces paysages si rudes et si sauvages… Je suis comme Dominique, l’été me manquerait !
Voilà, aujourd’hui journée de vote, on croise les doigts contre la déferlante annoncée, en espérant que la forte mobilisation ne soit pas pour l’extrême droite 😱
Bon retour sur vos vélos et bonne continuation.
Je vous embrasse
Christiane Magnette
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Que d’aventures! La nordicité ne se laisse pas approcher facilement. Mais quel émerveillement vous avez dû vivre devant ces paysages inédits. C’est sûr que l’Islande laisse un souvenir impérissable que je garde moi aussi depuis tant d’années. Bon retour.
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Merci à vous deux, malgré les difficultés rencontrées au cours de ce périple, de m’avoir permis de retrouver les splendeurs de ce pays découvert il y a plus de 20 ans. L’Islande ne se laisse pas aimer facilement, mais elle est impossible à oublier…
Bon retour et au plaisir de vous revoir.
Muriel
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