8- La nuit ferme mal ses volets…

Bonjour à tous, amis suiveurs, indicateurs de beau temps quand la poisse s’en mêle.

On est en juin. La nuit ferme mal ses volets. Ici le soleil ne se lasse pas du petit matin. ( Il se lève à 4 h ) On est au bord, presque au bord de l’océan du nord, là où quelques aventuriers nageurs se partagent la mer. Nous avons roulé sur des kilomètres d’autoroutes, ça pèse des kilos d’ennui et de fatigue les routes pour auto. Nous sommes arrivés à Hirtshals, nous avons laissé les ennuis en chemin, demain on prend la mer, pour quelques jours nous serons marins.

Au bord de la rivière à Lübeck

Lübeck, Allemagne: Il n’y a jamais eu de feu nourri aux bouches des canons. La ville n’a jamais été attaquée, ni même détruite à la fin du reich. La porte de la ville s’enlise dans le marais et pousse ses murs de briques au milieu de rien. La ville éparpille son charme à tous les coins de rue et les façades veillent sur les buveurs de bière. Nous avons bien aimé cette jolie ville.

Il y a partout des vestiges du passé que nous ne savons pas interpréter. Comme cette fresque à l’esthétique soviétique du temps ou l’art « appartenait au peuple ». Et ce moine ? ce mendiant ? cet espion nu qui regarde le clocher avec à la main les clefs de la ville ? quelle intrigue observe t’il ? Nous n’avons rien trouvé à son sujet sur les documents officiels de la ville.

Devant le collège ! Qui ne vient pas à vélo ?

Aarhus, Danemark. C’est jour de guinguette et de Gay Pride, c’est jour de braderie et jour de fête. La ville est comme un noeud de mouchoir trés serré, concentrée mais ouverte sur l’océan du nord. Dans la vieille ville on ne trouve que du vieux, c’est pas laid, c’est bien entretenu, c’est commerçant, c’est joyeux, on y roule à vélo au bord du canal, aux sons de la musique on retrouve nos pas, et puis au loin une grande tour nous intrigue.

La ville nouvelle de Aarhus. La gloire d’un port paisible ! Futuriste ? La tour est là, dans un quartier entier dédié à l’ombre et à la lumière. Des murs de verre dressés, faces dans le vent. Des brassées de corridors, des jardins salés, des notes abandonnées à la couleur, une piscine de pleine mer, des murs fenêtres, des courbes à la surface, des promenades sur la mer, des jeux pour enfants face au vide et des espaces partagés qui inondent les rez-de-chaussée. Nulle part une barrière, aucun garde fou, aucun mur, aucun véhicule, aucune grille, le seul horizon est l’enclos de la mer. Bien sûr, nous sommes chez les riches, même si quelques immeubles semblent plus modestes, bien sûr qu’il faut généraliser les concepts. Juste un compliment aux décideurs qui montrent ici que la ville peut se vivre autrement. Le dernier immeuble en construction ressemble à une folie d’architecte qui nous a fait penser aux manipulations optiques de MC Escher.

Bientôt nous aurons repris nos vélos, l’impatience est là. Nous vous embrassons. Merci encore pour vos messages attentionnés.

Christine et Dominique