10- On fait demi tour !

Amis suiveurs, suivez bien!

Ça zigzague fort ce matin.

Habituellement, il y a des couleurs qui disent les saisons. Le blanc c’est l’hiver, pour la grande braderie des draps de bain et les glissades du matin. En Islande, le grand marché du blanc c’est en juin. On n’avait pas espéré ce genre d’emplettes. On ne désespère pas non plus de la défaite prochaine de la neige pas si éternelle que ça parait-il ! Dans sa partie la plus haute, la montagne offre ses glaciers éphémères et les autres aussi. En un mot « on se les pèle ».  À vol d’oiseau, on est sur la mer, mais il y a de petites collines à franchir, laissées aux taillis ou reboisées de pins de bouleaux et de hêtres. Ce matin pour passer ce col qui culmine au mieux à 730 mètres nous sommes partis confiants et motivés pour rejoindre Egilsstadir. (Quel nom !)

« On fait demi tour ! » J’attendais l’injonction depuis un petit moment. Nous sommes à 1km du sommet. Le vent de face est violent, la neige et la pluie froide cinglent et nous glacent depuis quelques kilomètres. On ne distingue plus que les congères sur le bitume. Impossible de continuer.  Pourtant tout autour, elles doivent être jolies les falaises et les cascades. Le moral au degré zéro, on redescend les 11 km que l’on vient de gravir si difficilement. Résignés, au village nous envahissons le mini-bus de midi pour rejoindre Elgisstadir (Nous sommes les seuls passagers, le chauffeur sympathique et souriant est allé chercher une remorque – on ne sait pas où –  pour embarquer les vélos ). La météo des prochains jours ne s’annonce pas meilleure. C’est beau un bus, mais pas autant qu’un vélo. C’est pratique un bus, mais pas autant qu’un vélo. Ce soir on réfléchit à la suite. Vélo ? bus? auto? bateau ? C’est sûr que nous n’allons plus rouler très longtemps sur ces routes froides sans horizon. Ce soir le ciel est descendu d’un cran supplémentaire et demain ce n’est pas sûr que le vent ait décidé d’oublier son plaisir de nuire. Dormons, demain on verra bien.

Profitez bien de cette photo de la voiture louée, nous n’en ferons pas deux.

On vous embrasse Christine et Dominique