
Bonjour à tous amis surfeurs des neiges.
Nous y sommes, nous devons désembrumer notre cerveau endormi par deux jours de navigation flottante. Ça y’est, nous sommes en Islande. Où ça ? À Seyòisfjöròur ! La Mecque des fjords enclavés. Nous avançons timidement sur la route n° 1. – c’est pas compliqué à retenir, il n’y en a qu’une – À quelques encablures nous trouvons le premier camping islandais. Un premier frisson devant le confort sommaire, une première émotion devant le spectacle de l’’air. Nous avançons frileusement, le neige n’est pas loin. Un peu ironique Christine dit que « c’est la première fois que l’on campe pour les sports d’hiver ! » J’ai des mélancolies de Provence qui passent de travers. C’est donc là que nous voulions venir ? Ouvrons les yeux et fermons nos craintes, on verra bien demain. On plante la tente, l’herbe ne nourrirait pas un mouton, d’ailleurs il n’y en a pas.


C’est impressionnant ce grand jour qui entoure l’heure de minuit, et le vent qui souffle sa colère, et les grands oiseaux dans le ciel rose, et le grondement des branchages, on dirait la fin du monde. Non pas maintenant, demain on embarque pour l’Islande.







Sur le ferry: Le départ: Nous voilà sur le ferry. Ça tangue énormément. La mer est noire, le ciel aussi, au loin les côtes norvégiennes, indéfinissables. Sur le bateau, des « vieux fourneaux », ambiance vin blanc et ronflements. La cabine est minuscule, sur la table, le nouveau testament en danois, ça peut servir en cas de naufrage ? peu importe l’essentiel est sur le pont. Les promeneurs, les élégants capitaines , les embruns, la houle forte, le brouhaha du bateau, sa fumée sombre et puante, ses matelots sans marinière, ses canots sans sauvetage et la brume, intense.
Premier jour. Beaucoup de Français embarqués ont la météo addictive et internet aussi – et pourtant ça coûte son pesant d’écume à la minute- Peuvent pas s’empêcher de partager leurs conversations inquiétantes. l’Islande est sous la neige. La houle devient monumentale, le ferry claque, on chavire sur le pont. Christine garde son moral et sa bonne humeur.
Première nuit. Mais pourquoi la mer ne dort elle pas ? On est secoué dans la couchette. Et pourquoi ne fait il jamais nuit ? Mon humeur en a pris un coup. J’aime pas la météo prédictive ni les mauvais augures. La nuit dure longtemps, de nombreux passagers ont le mal de mer, la boutique s’enrichie.
Second jour. Au réveil le ferry longe la côte nord des iles Shetland. Un bel arc en ciel salue notre passage. Les passagers s’ennuient, ça souffle trop fort pour mettre le nez dehors. Petit déjeuner de marine, peut mieux faire. On partage les victoires au Scrabble, on lit notre bibliothèque téléchargée, la mer s’amuse, Christine trafique les photos, une mouette cherche son chemin, les vieux fourneaux roupillent encore. En fin de journée sous un ciel tempêtueux le ferry fait une courte halte à Törshavn, le port d’entrée aux îles Féroées, – voir les photos ci dessus – , puis on repart vers les sports d’hiver.
2 653 Kms
21 230 de dénivelé positif
31 jours







Le débarquement: Le 6 juin, quelle idée !
À Seyòisfjöròur sur la côte est de l’île, on quitte le ferry sans féerie, la météo tient ses promesses de gris, de vent et de blanc. On enfourche les vélos avec plaisir, on va oublier nos peurs. Enfin l’horizon se plie. En mer, l’absence de relief ennuie. Ici, pas encore de point de vue euphorique, mais ça va venir. Notre regard se dirige vers la compagnie de bus, nous devons y réserver quelques trajets. Nous sommes un jeudi de juin, le paysage est petitement urbain, à peine arboré, minéral, humide, blanc, encaissé, plutôt agréable. Une fois tous les véhicules débarqués, le silence s’impose, banale présence ici retrouvée. Attention on s’élance. Enfin rouler ! Le port de Seyòisfjöròur est enclavé tout à l’extrémité d’un fjord profond. À l’échelle de l’île c’est un gros village de 600 habitants. On y trouve tout en modèle réduit. Nous retirons des espèces au guichet de la police, qui fait aussi office de centre social, de poste, de mairie, de douane et d’informations touristiques. L’église d’un bleu remarquable est le seul bâtiment en bois.

Nous voilà sur les vélos, ce soir la neige tombe légère,
demain le soleil sera de retour. On vous dira. Bonne soirée à toutes et tous. On vous embrasse. Christine et Dominique
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